dimanche 20 mars 2011

Comment dit-on "dignité en japonais" ?

Comment ne pas etre inondé par la vague de 22 metres de Sandai? Par ses ondes immondes qui ont anéanti vies , maisons et raisons de  survivre ? Et cette centrale nucléaire qui menace nos conforts et les contreforts de nos vies nucléarisées . Souvenez-vous : "Sciences et vie" qui titrait :" le cerveau des Japonais est-il normal?" . C'était il y a 30 ans , les années aidant , on ne condamna plus ouvertement , on fit plus subrepticement : les Japonais qui aiment le travail au point de s'y marier sur les lieux ,les cadres nippons contraints au bagne de stages de remise à niveau , le taux de suicides des élèves sous pression , l'entreprise qui bénit les unions conjugales...Vous avez tous vu ou lu ces clichés d'une altérité condamnée par l'ethnocentrisme occidental . Des robots à Tokyo , des clones au pays des cyclones ...Dans les memes , objets d'effroi autrefois , nous avons désormais placé notre foi . Combien les effrayants d'hier sont rassurants aujourd'hui ! Nous sommes surs qu'ils seront réactifs face aux réacteurs menacants . Nous applaudissons leur sens du sacrifice (120 samourais" volontaires" (c'est sans doute un pléonasme au Japon)  pour affronter la radioactivité).Il y a peu encore ce code de l'honneur passait pour connerie ou au mieux héroisme littéraire qu'on admirait comme les émaux et camées de quelques camés de la mort . Les kamikazes  pliés à l'oukase mortifère , anges de la mort hier , aujourd'hui salvateurs de nos petites vies qui se sont permis de jauger à l'aune de leur réduit . C'est ainsi que j'ai traduit les propos de F. Fillon : ":on ne peut plus vendre des centrales nucléaires à n'importe qui ", c'est-à-dire à ceux incompétents à gérer l'accident .Il l'a dit , le nanti , nous sommes bien heureux , en ces jours , de la rigueur , des exigences , de la fiabilité, de la maitrise technologique de ceux qui longtemps ont créé des envieux quand l'admiration aurait pu s'imposer .Leur inhumanité nous convient aujourd'hui .On ne peut cependant pas accepter leur logique ,il nous faut toujours traduire avec nos critères . Traduttore /tradittore . Je parle de nos journaleux courageux , réfugiés à Osaka et de leurs interviews et autres reportages . Jamais , je n'ai vu images aussi mensongères .On me dit "panique à l'aéroport de Tokyo" .Je vois des gens disciplinés dans une attente calme , rien de comparable avec l'épisode du nuage islandais chez nous , le pire :quelques compatriotes qui espèrent le désistement des Japonais pour se tirer ;ca aurait pu susciter un commentaire , si les Japonais nous méprisent , on saura pourquoi . La meilleure : le maire de Sandai interrogé sur les précarités de sa ville .il répond qu'il en a avisé le gouvernement , qu'on lui a rappelé qu'il était l'édile et qu'il devait prendre en charge ses concitoyens .En arrière-fond sa voix calme et pondérée ,traduction du journaliste qui surjoue une indignation  style "comment le gouvernement ne s'est-il pas occupé de ma mère pendant la canicule?".Vous me direz que je ne comprends pas le japonais mais j'ai vu assez de films d'Ozu (que je salue) ou de Kurosawa , toujours en V.O. pour reconnaitre l'indignation nippone .Je pourrais vous citer 10 autres exemples mais on me reproche déjà de manquer de concision .Prenez le relais.
         Et dire qu'en début de carrière , j'ai refusé un voyage au Japon ,pour raison de brevet (le B.E.P.C.) pas une invention .Fallait-il etre conne ou...nippone?

15 commentaires:

  1. la deuxième fois que je suis d'accord avec toi, cela me fait peur...que penses-tu de l'attaque des "alliés" en Libye?

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  2. Demoiselle Yseult,

    Je suis à ce point en accord avec ton texte que je ne sais que répondre de plus précis ou de plus juste... Mais j'ai une réponse tout de même d'une forme differente à partager en émotionnel "basique"... J'ai ici en Argentine une Amie d'origine japonaise que je croise (un peu plus que croiser) chaque jour, son grand-pére est mort durant la seconde guerre mondiale de La Bombe..., elle est née sur un bateau croisant l'Atlantique pour vivre finalement en Argentine, elle est d'une intelligence rare et garde cette dignité dont tu parles si bien dans tes lignes. Depuis plus d'une semaine nous commentons en espagnol (et oui, ton neveu assure grave maintenant !)l'actualité de son pays et nos propos sont tellement proches de ce que tu souligne que je crois que la plus belle réponse que je puisse faire à ton texte..., est de le lui traduire (ce qui va pas être super simple vu le vocabulaire ou les références utilisées, celà va me prendre une nuit !)mais c'est ma réponse à la lecture de ta prose. Pour ce qui est de répondre à Denis et à son interrogation sur l'intervention des "alliés" en Lybie, comme toujours, l'occident a d'avance perdu, n'oublions pas que ce sont toujours les plus motivés qui l'emporte...

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  3. Bon, je viens de relire (trop tard), faire gaffe aux fautes d'ortho et de frappe dorénavant, je presente mes excuses à mon Proffesseur !

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  4. Pour alimenter la discussion, ce qui m'agace le plus dans les événements du Japon, c'est que finalement, ce qui mobilise le plus les médias français est le risque d'explosion de la centrale nucléaire. Qu'il y ait déjà certainement au moins 15 000 morts ne dérange personne...que les survivants soient dépourvus de tout, idem. La seule chose qui importe est: y aura-t-il un nuage radioactif chez nous? Est-ce qu'un tel accident peut arriver chez nous, bref: nous, nous et nous.
    Marine va résoudre tous les problèmes...
    Non, je plaisante

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  5. Voilà un Blog qui irradie...
    Espérons qu'il ne s'arrêtera pas à nos frontières comme un certain nuage venu de l'est en 1986.

    Catastrophe naturelle puis catastrophe technologique...
    L'ennemi le plus terrifiant n'est-il pas celui que l'on ne voit pas venir ?
    Tels les V2 tombant sur Londres sans bruit si ce n'est celui de l'explosion au contact de sa cible.
    Tel un drone tirant sur des ennuis et télécommandé à des milliers de kilomètres.
    Tels des isotopes voguant au gré des vents et ionisant la matière...

    Manquerait plus qu'une bonne épidémie... non ?

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  6. Tu as bien raison, l'honneur, l'héroïsme, sont de très belles valeurs, malheureusement méprisées dans notre civilisation si futile!!
    Et son meilleur ambassadeur japonais est certainement Mishima. Si ce n'est pas déja fait, lis sa nouvelle "Patriotisme" ainsi que "le pavillon d'or", ou "le soleil et l'acier".
    Mais, la mort de Mishima et l'histoire récente du Japon démontrent que l'héroïsme est aussi une valeur dangereuse: Mishima finit sa vie littéralement obsédé par l'honneur et l'héroïsme et se suicide de manière spectaculaire après avoir "enlevé" un général japonais qu'il jugeait trop faiblard.
    Quant à l'empereur japonais, il a attendu la deuxième bombe atomique pour accepter la reddition de son pays.
    L'héroïsme c'est beau. Mais une dose de raison ne peut pas y nuire!

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  7. ELLE EST PRESQU’ILE, IL EST PRESQU’ ELLE

    Elle est presqu’île, il est presqu’elle
    Elle rêve d’îles, il rêve d’elle
    Il est singulier, elle est plurielle
    Il est voyou, elle est voyelle
    Il est sentiment, elle est sentinelle
    Il est de ceux, elle est de celles
    Il est seul, elle est celle
    Elle est les cieux, il est son ciel

    Elle est presqu’île, il est presqu’elle
    Il est mèche, elle est étincelle
    Il est printemps, elle est hirondelle
    Elle est son idylle, il la trouve si belle
    Il est tout ses sens, elle est son essentiel
    Il sait qu’il gardera des séquelles
    Il est son sel, elle est son miel
    Elle a des cils qui battent comme des ailes

    Elle est presqu’île, il est presqu’elle
    Elle est voyage, il va vers elle
    Il est fidèle, il est fou d’elle
    Il est pluie, elle est arc en ciel
    Il est encre de chine, elle est pastelle
    Elle et ils sont violoncelle
    Elle veut un fils, lui une fille d’elle
    Il et elle dans l’escarcelle

    Elle est presqu’île, il est presqu’elle
    Il est rime, elle est rimmel
    Il est charme, elle est charnelle
    Il est caraïbe, elle est cannelle
    Elle est le Nil, il est tour de Babel
    Elle pour lui, lui pour elle
    Il pense à elle et il se de demande si elle l’.

    EX – IL…
    Un exil en XL
    Elle veut qu’il ne veuille qu’elle

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  8. PIEDS NUS DANS LE SABLIER (PART III)

    A aimer trop, on aime plus…
    Extraime…
    La terre ferme tôt et le ciel s’ouvre tard…
    Nuance Rhumancé…
    Les prétextes sont des princes…
    Slam Homme vers les dunes…
    Ma tolérance de l’errance déclenche un tollé…
    Du venin dans les veines…
    Payer l’addiction et partir…
    Absang…
    L’immonde nous inonde, servi comme limonade…
    Caméléon d’un Amour arc en ciel…
    Je suis prisonnier de ma Liberté…
    Pour des raisons variées et avariées…

    Sabordâge…

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  9. SUR LES DRAPS DE LA NUIT

    Sur les draps de la nuit
    Deux corps endormis
    Epuisés d’harmonie
    De murmures infinis …

    La pluie au dessus du lit
    L’orage peut gronder
    L’Amour vient de passer
    Sans un bruit…

    Les yeux fermés
    D’avoir des sens
    Dégusté
    A outrance …

    Rien ne peut réveiller
    Deux inanimés
    Que la nuit à laissé
    Caresser…

    Ils se sont frôlés
    Ils se sont aimés
    Les yeux fermés
    Se sont Regardés…

    Une jolie clé de sol
    Pour une partition
    Sans bémol
    Fruit de la passion

    Et maintenant le soleil
    Va se lever
    Sur leur réveil
    Sucré salé…

    Il retrouve ses yeux verts
    Le cœur à l’envers
    Qui déborde
    D’un doux désordre…

    Sous les draps de la nuit
    Garder encore un peu de chaleur
    A tout prix
    S’éloigner de l’heure…

    Retarder la douche
    Le bain de foule
    Le monde louche
    Le jour qui roule…

    Et retrouver la Nuit.

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  10. LES LEVRES CLOSES

    Quelques notes de Kitaro
    Décorent le silence
    La solitude en trop
    Et autres insolences

    Paupières et lèvres closes
    Les mots trahis reviennent
    La nuit se pose
    Les souvenirs déteignent

    Dans cette chorégraphie intime
    Même les meilleurs moments
    Défilent infirmes
    En boitant

    Les yeux rouges
    De trop de rhum
    Ca tangue ça bouge
    Perdu en somme

    Il y avait quelque chose de faux
    Dans ton regard
    Et je ne l’ai pas vu

    Il y avait quelque chose de beau
    D’à part
    Excuses moi d’y avoir cru

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  11. Quelqu'un me disait que les Japonais, contrairement à nous, ne montraient pas leurs cadavres, par dignité. Pendant qu'on crie et saute sur une chaise lorsqu'une souris passe entre nos jambes, eux sont dignes et restent calmes. A quoi servirait la panique à part à empirer les choses? Ce texte est très juste, peut-être même trop juste et nous renvoie à la vision biaisée qu'a l'Occidental sur l'Autre. A méditer.

    (Gayané)

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  12. Je n'avais pas lu la réponse de Justine et très Juste, l'occident gardera tojours ses accidents de réflexion ! Bienvenue Justine !

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