Le Jardin des délices
lundi 12 mars 2012
Phenix
Il faut bien renaître de ses cendres même si certaines combustions laissent croire qu'on est qu'un cendrier à vider . Les silences assassinent ceux qui restent sans réponse tout autant que ceux s'y cloîtrent (ou suis-je là encore une idéaliste?) ." Au commencement était le verbe ", il sera mon recommencement :regardez les trois derniers commentaires de mon derniers blog , ils ont ressuscité ma parole .Qui est mon Lazare/Mycoton ?Je vous livre des informations "intimes" puisqu'un blog doit jouer cette note : un ancien élève de Beyrouth (c'est une plume féminine mais comme le substantif n'existe qu'au masculin , je me plie à la règle). Sans être passéiste , elle m'a renvoyée à un âge d'or ou l'élève en savait parfois plus que le maître ou au moins lui imposait d'être à la hauteur . A ces adolescents qui n'avaient que la culture comme loisirs puisque la guerre les cloisonnait entre l'école et la maison , il m'a bien fallu répondre à la façon pascalienne : les détourner des angoisses existentielles par la connaissance , la culture et le goût de l'effort .Ils y étaient déjà préparés quand je les reçus en 1ère et ce sont peut-être eux qui m'ont engagée à percevoir la littérature comme fonction vitale voire comme confort ou réconfort ."L'art est une consolation". Sujet crétin de dissertation qu'on proposait aux élèves en ces années -là .J'espère ne pas avoir eu l'indécence de le leur soumettre moi qui n'ai compris la phrase que passés 50 ans . On a beaucoup glosé sur le Liban souvent négativement , lisez Mycoton attentivement ; sur la liberté d'expression , je n'ai eu que le point de vue rigide de l'enfant de la République .Son regard m'interpelle : c'est peut- être celui qui nous empêcherait d'envisager "le choc des cultures" .Par ailleurs , elle réagit aussi à mes mails sur le problème arménien .Elle vous a ouvert des sujets de débats , j'en ai suggéré implicitement ,on vous écoute ".Le crime du silence" est avant tout un suicide .Au plaisir de vous lire .
samedi 5 novembre 2011
"Les sottises imprimées n'ont d'importance qu'au lieu ou on en gêne le cours"
Par ces mots Beaumarchais condamnait la censure en un temps ou elle sévissait partout et contre tout ."Le journal inutile "de Figaro ne pouvait parler"ni de l'autorité , ni du culte, ni de la politique , ni de la morale , ni , ni , ni ."..mais il fit quand même les frais de "cette douce liberté" . Je vous parle d'un temps ou Montesquieu et ses contemporains devaient imprimer à Amsterdam , à la barbe (déjà) du monarque et de l'Index , pour une diffusion sous le manteau ;ou Voltaire empruntait d'improbables pseudos mais restait si reconnaissable que seule la proximité de la frontière suisse le sauvait de la Bastille ; ou Diderot ,accablé d'incessantes menaces de prison et si entravé dans son travail ,faillit abandonner l'édition des audacieux articles de l'Encyclopédie , .Et je n'évoque que les Lumières qu'on voulait éteindre ;avant il y eut Rabelais et son tour de France pour éviter le bûcher , La Boetie qu'une mort précoce à 32 ans sauva de ses insolences sur la servitude volontaire . Plus près de nous , il y eut Soljénitsyne et les traqués du samizdat.La liste est loin d'être exhaustive .
Tout ca est tellement oublié qu'un journal incendié a suscité mille polémiques périphériques mais pas même une nostalgie d'une liberté perdue .C'est sans doute qu'il y a longtemps qu'elle s'est égarée ou qu'on l'a égarée et qu'on s'en fout comme de la première feuille (d'arbre) qu'on a fait sécher . Les bonnes feuilles s'assèchent , se tarissent et dépérissent faute d'esprit et à cause de petits esprits "qui redoutent les petits écrits"ou pire qui s'en contentent.
J'ai évité les termes "liberté d'expression " trop galvaudés ces jours-ci mais s'il y a eu blasphème , c'est elle l'offensée . A chacun son sacré .
Tout ca est tellement oublié qu'un journal incendié a suscité mille polémiques périphériques mais pas même une nostalgie d'une liberté perdue .C'est sans doute qu'il y a longtemps qu'elle s'est égarée ou qu'on l'a égarée et qu'on s'en fout comme de la première feuille (d'arbre) qu'on a fait sécher . Les bonnes feuilles s'assèchent , se tarissent et dépérissent faute d'esprit et à cause de petits esprits "qui redoutent les petits écrits"ou pire qui s'en contentent.
J'ai évité les termes "liberté d'expression " trop galvaudés ces jours-ci mais s'il y a eu blasphème , c'est elle l'offensée . A chacun son sacré .
mercredi 2 novembre 2011
Insurgez-vous
Il y a quelques jours , je déplorais les libertés dont nous nous étions nous-mêmes privées .Aujourd'hui , nous sommes privés de liberté d'expression parce que la sphère privée empiète sur l'espace public.Triste jour que celui ou l'on a dynamité un journal donc pulvérisé une opinion sans que cela ne fasse la une d'aucun J.T. On a préféré parler de la Grèce mauvaise élève de l'Euro en oubliant Socrate et Platon , libres penseurs dont nous méprisons l'héritage .Autres temps ,autres moeurs mais sursus corda malgré tout .Autrement dit "haut les coeurs!"
dimanche 23 octobre 2011
Des goûts , dégoût et d'égout
Bonjour à vous tous .Après une longue interruption , je reviens mais je ne vais vous la jouer "le retour" ou "la "rentrée" facon Rambo ou Rocky .Je n'avais plus envie de parler , aujourd'hui la parole s'impose ; vous en ferez les frais . C'est violent ?Oui , comme notre société tout aussi capricieux et inconstant qu'elle .
Des goûts :bons ou mauvais , je ne sais , l'essentiel , c'est d'en avoir sinon on est mort .Goût de la vie ?Qu'est-ce que cela signifie? Qu'on a envie de vivre , c'est déjà pas si mal parce qu'on préfère si souvent aller se coucher .De quelle vie ? Celle qu'on nous formate ?Avant tout ",longue et mince" (on dirait du Baudelaire , cf A une passante), dans l'optique bio , on ne sait pas vraiment pour quoi faire si on a déjà mis les pieds et la tête dans un service de gériatrie . Saine et sainte, dans une vision écolo /saint Hulot qui se targue sans culot de préserver la biosphère , la stratosphère et l'avenir des générations montantes dans les airs ou les aires de la sanctitude corporelle mais loin des sphères de l'intellect .Et la tête , alouette?
Goût pour la peinture , la musique , la pensée ?Lisez les Inrocks ou Télérama , on vous dira quels goûts avoir et ne vous avisez pas d'en avoir de différents . Comment peut-on avoir du goût sans eux ?Il faut peut-être se contenter d'en avoir au pluriel et si possible divergents , faire l'effort d' avoir mauvais goût plutôt que le goût commun au risque d'y perdre le bon sens , aussi appelé sens commun .Et ces adjectifs qui ne se plient à aucune règle ?Quel mauvais goût !
Dégoût : ça vous débecte , moi aussi . des mots ou des gens qui prendraient des libertés quand le libéralisme ambiant a fait de nous des largués .Surtout pas de libertés ! Les mots l'ont compris avant nous .Ont surgi au même moment les "lilis"et les "bobos" .Je ne vais pas vous expliquer le dernier ; ça me ferait mal ;l'étymologie du premier ? Les libéraux libertaires ; ça n'a jamais pris ; autant de liberté à la fois , ça fait peur. Tandis que le bourgeois bohème , à défaut d'être gentilhomme ou plus simplement homme gentil , ça suscite l'imagination .La bohème , ça fait artiste , Puccini ou Aznavour , ne me chicanez pas , si, c'est la même chose , ça dépend des goûts !N'est-ce pas ?On en oublie le mot "bourgeois" dont pourtant un autre artiste a dit qu'ils étaient "comme des cochons". Ca ne fait rien tout le monde veut être bobo , personne lili .Personne ne veut de liberté en Occident , il n'y a que les cons d'Arabes pour revendiquer un printemps de liberté . Ils en ont peut-être marre d'être bohémiens .
D'égout : comme les rats , ces pelés , ces galeux , ces pouilleux de bohémiens qui ont choisi la liberté d'aller ou ils veulent , de croire selon leur foi, de vivre selon leur code , de penser ce que bon leur semble . Ca serait pas eux ces libéraux libertaires que personne ne veut-être ? Bohème et bohémiens , ça n'a rien à voir ; encore des mots trompeurs .Autant que le libéralisme qu'on accuse de m'étouffer alors qu'il aurait dû me libérer ? C'est peut-être que le libéralisme est aussi un mot qui me berne et me nique, bernique!De la liberté , j'en vois nulle part ; même pas en matière d'économie(s), essayez de convertir votre compte-épargne en lingots .Quant aux autres libertés si vous n'avez constaté par vous-même qu'elles vous étaient sucrées mais pas douces , je peux rien pour vous . Il ne me reste plus qu'à devenir une bobo . Allo maman ...
Des goûts :bons ou mauvais , je ne sais , l'essentiel , c'est d'en avoir sinon on est mort .Goût de la vie ?Qu'est-ce que cela signifie? Qu'on a envie de vivre , c'est déjà pas si mal parce qu'on préfère si souvent aller se coucher .De quelle vie ? Celle qu'on nous formate ?Avant tout ",longue et mince" (on dirait du Baudelaire , cf A une passante), dans l'optique bio , on ne sait pas vraiment pour quoi faire si on a déjà mis les pieds et la tête dans un service de gériatrie . Saine et sainte, dans une vision écolo /saint Hulot qui se targue sans culot de préserver la biosphère , la stratosphère et l'avenir des générations montantes dans les airs ou les aires de la sanctitude corporelle mais loin des sphères de l'intellect .Et la tête , alouette?
Goût pour la peinture , la musique , la pensée ?Lisez les Inrocks ou Télérama , on vous dira quels goûts avoir et ne vous avisez pas d'en avoir de différents . Comment peut-on avoir du goût sans eux ?Il faut peut-être se contenter d'en avoir au pluriel et si possible divergents , faire l'effort d' avoir mauvais goût plutôt que le goût commun au risque d'y perdre le bon sens , aussi appelé sens commun .Et ces adjectifs qui ne se plient à aucune règle ?Quel mauvais goût !
Dégoût : ça vous débecte , moi aussi . des mots ou des gens qui prendraient des libertés quand le libéralisme ambiant a fait de nous des largués .Surtout pas de libertés ! Les mots l'ont compris avant nous .Ont surgi au même moment les "lilis"et les "bobos" .Je ne vais pas vous expliquer le dernier ; ça me ferait mal ;l'étymologie du premier ? Les libéraux libertaires ; ça n'a jamais pris ; autant de liberté à la fois , ça fait peur. Tandis que le bourgeois bohème , à défaut d'être gentilhomme ou plus simplement homme gentil , ça suscite l'imagination .La bohème , ça fait artiste , Puccini ou Aznavour , ne me chicanez pas , si, c'est la même chose , ça dépend des goûts !N'est-ce pas ?On en oublie le mot "bourgeois" dont pourtant un autre artiste a dit qu'ils étaient "comme des cochons". Ca ne fait rien tout le monde veut être bobo , personne lili .Personne ne veut de liberté en Occident , il n'y a que les cons d'Arabes pour revendiquer un printemps de liberté . Ils en ont peut-être marre d'être bohémiens .
D'égout : comme les rats , ces pelés , ces galeux , ces pouilleux de bohémiens qui ont choisi la liberté d'aller ou ils veulent , de croire selon leur foi, de vivre selon leur code , de penser ce que bon leur semble . Ca serait pas eux ces libéraux libertaires que personne ne veut-être ? Bohème et bohémiens , ça n'a rien à voir ; encore des mots trompeurs .Autant que le libéralisme qu'on accuse de m'étouffer alors qu'il aurait dû me libérer ? C'est peut-être que le libéralisme est aussi un mot qui me berne et me nique, bernique!De la liberté , j'en vois nulle part ; même pas en matière d'économie(s), essayez de convertir votre compte-épargne en lingots .Quant aux autres libertés si vous n'avez constaté par vous-même qu'elles vous étaient sucrées mais pas douces , je peux rien pour vous . Il ne me reste plus qu'à devenir une bobo . Allo maman ...
lundi 16 mai 2011
Ecran , crane et cran
ECRAN: ce n'est pas le petit que je veux évoquer ; pour vous servir la soupe consensuelle ? Il asservit , avilit , abrutit . Quelle ingratitude serait-ce là ! Il a nourri mon esprit et mes lectures, assouvi mes désirs de vie et d'aventures , rempli mes jeudis et mes dimanches d'ennui . Souvenirs encore éblouis de "la mégère apprivoisée" avec Bernard Noel et Rosy Varte , d'un auteur qu'en mes 9 ans , j'appelais "j'expire"! Des "Illusions perdues" avec un Lucien de Rubempré qui m'en donnait tellement,hors les prés de ma banlieue! De " Vidocq" (toujours avec l'excellent Bernard Noel , mon fantasme masculin (trop tot disparu ),rusé et retors redresseur de torts ! Du "Chevalier de Maison Rouge" dont les dangereuses cavalcades me rendirentent écarlate de peur et fan de Dumas! Du "Rhinocéros" avec Béranger/ Jean -Louis Barrault ( péripétie la plus rosse de mon actuelle débilité physique : j' en ai raté la représentation au théatre de la Ville , la semaine dernière) . Et Cyrano , avec Daniel Sorano ! Cette liste n'est pas exhaustive et je vous parle d'un temps que les moins de cinquante ans ... Félon Fillon (il a mon age) qui avait promis de nous faire retrouver la télé de son époque ! Ca aurait bien suffi à donner du panache à son ministère.
Vous me rétorquerez les actuels "Experts" de rien , nuls en tout ; mais comme disait Sartre , il faut faire des choix ou bien faut-il regretter l'époque de l'unique "R.T.F" ? C'est un autre débat : le choix fait-il choir ?
ECRAN , donc pas celui de notre Philips d'antan , d'ailleurs géant (syndrome d'immigrés) mais du plus petit celui de l'ordi (il porte un nom spécifique?) .Refuge idéal en cas de maladie . Pas le courage de sortir , pas la force de dire viva voce , par la force , écrire pour ne pas dépérir. Merci à ceux qui ont donné vigueur à mes matins nauséeux cum videos , clips , chansons , blagues , mails d'encouragement et de divertissement .
L'ordi donc , docteur de mes douleurs , docte délivreurs de docs enfouies dans une mémoire malade , dictaticien de mes 10 doigts( je me vante , un et demi) aussi engourdis que mes neurones .
Mais aussi , ordi addicteur ,dealer démoniaque d'images devenant icones d'un rituel auquel vous sacrifiez jusqu'à 3h du mat . Votre presbytie précédemment pressée par les pages imprimées (les vraies , celle du livre )vous crient pitié vers 19 h ; arrive l'heure de la grand messe :connexion avec fil , paiement Paypal (2 fois plutot qu'une , megaupload et vidéobb , 2 précautions valent mieux qu'une ) , série Sopranos , 6 saisons à visionner de toute urgence . Commence alors le grand mystère de la transsubstantiation : vous etes Toni et Carmela qui manquent de pixels mais pas de piquant , vous anticipez les "ass hole" , "sheet" et autres" mother fucker", vos yeux crient pitié mais vous les flinguer avec la facilité des "affranchis", totalement asservis à l'épisode suivant . S'ensuit une transe de somnolence privée de tout bon sens et cherchez la souris piquouze ,serez alors réveillés par Avast "la base virale a été mise à jour" .
LE CRANE:vous l'avez quand meme nourri de l'outil . Ai appris you tube , le streaming , le paiement par carte , le numéro identifiant , l'identifiant (ne pas confondre avec le précédent ) , le mot de passe , le mot de passe alphanumérique , le pseudo (comme si mon prénom n'en était pas déjà un) , l'enregistrement par défaut avec gom-player , l'ouverture plein écran , sigles différents selon le mode de lecture , le mot buffering .Liste complète , je crois , c'est beaucoup pour moi , les autres arcanes pour suite ou maladie suivante . Ai omis mes acquis d'américain, hormis les jurons, my english became richer than my taylor .
Mais aussi crane dégarni : au propre , perte de cheveu , c'est dégueulasse pour ma sainteté; au figuré , vais désormais trop facilement sur google pour combler un trou de mémoire (effet secondaire de ma médication dit le spécialiste ) effet premier pour moi qui ai déjà si peu l'occasion de muscler le souvenir dans ce nouveau métier de prof de collège . Conséquence positive :dans mes contemplations canapé , n'est pas Thérèse d'Avila qui peut , je vois mes élèves tout aussi victimes que moi d'un système hypocritement laxiste ou élitiste selon focalisation . Dans le naufrage , cherche à sauver les plus fragilisés d'abord mais le capitaine doit avoir la santé . Je m'en veux de chaque jour manqué .
LE CRAN: vous etes accro , es claro , mais aussi à cran , affaiblissement physique , intellectuel , horaires dévastateurs ...et les Sopranos . Vous tricotez du New Jersey et fricotez avec la pègre toute la journée en attendant d'y retourner . Le téléphone vous dérange parce que vous etes totalement dérangés , vous mangez 4 fois après minuit parce que l'image démange , vous déménagez parce que vous ne managez plus rien . Du cran , vous n'en avez meme plus pour affronter le Monoprix , un choix de produit, c'est trop d'énergie et le rayon froid , c'est votre croix . Vous sombrez alors dans l'aboulie , oubli de la conquérante d'hier , elle a perdu la boule aujourd'hui .
La lanceuse de roulette réduite à l'état de boulette.
Péroraison : un blog à la Britney Spears , je m'étais juré de ne jamais m'exposer perso , vulgaire , but never say never ; en tous les cas , je promets "nevermore" . Intéret de Britney ? Vous pouvez commenter la télé , vos extases , l'ordi , vos ennuis ou vos euphories, l'ed nat et ses dérapages , la médecine , ses inégalités ou ses imperfections , la douleur physique ou morale ... le champ esr vaste et ouvert ; ne le laissez pas découvert .
Vous me rétorquerez les actuels "Experts" de rien , nuls en tout ; mais comme disait Sartre , il faut faire des choix ou bien faut-il regretter l'époque de l'unique "R.T.F" ? C'est un autre débat : le choix fait-il choir ?
ECRAN , donc pas celui de notre Philips d'antan , d'ailleurs géant (syndrome d'immigrés) mais du plus petit celui de l'ordi (il porte un nom spécifique?) .Refuge idéal en cas de maladie . Pas le courage de sortir , pas la force de dire viva voce , par la force , écrire pour ne pas dépérir. Merci à ceux qui ont donné vigueur à mes matins nauséeux cum videos , clips , chansons , blagues , mails d'encouragement et de divertissement .
L'ordi donc , docteur de mes douleurs , docte délivreurs de docs enfouies dans une mémoire malade , dictaticien de mes 10 doigts( je me vante , un et demi) aussi engourdis que mes neurones .
Mais aussi , ordi addicteur ,dealer démoniaque d'images devenant icones d'un rituel auquel vous sacrifiez jusqu'à 3h du mat . Votre presbytie précédemment pressée par les pages imprimées (les vraies , celle du livre )vous crient pitié vers 19 h ; arrive l'heure de la grand messe :connexion avec fil , paiement Paypal (2 fois plutot qu'une , megaupload et vidéobb , 2 précautions valent mieux qu'une ) , série Sopranos , 6 saisons à visionner de toute urgence . Commence alors le grand mystère de la transsubstantiation : vous etes Toni et Carmela qui manquent de pixels mais pas de piquant , vous anticipez les "ass hole" , "sheet" et autres" mother fucker", vos yeux crient pitié mais vous les flinguer avec la facilité des "affranchis", totalement asservis à l'épisode suivant . S'ensuit une transe de somnolence privée de tout bon sens et cherchez la souris piquouze ,serez alors réveillés par Avast "la base virale a été mise à jour" .
LE CRANE:vous l'avez quand meme nourri de l'outil . Ai appris you tube , le streaming , le paiement par carte , le numéro identifiant , l'identifiant (ne pas confondre avec le précédent ) , le mot de passe , le mot de passe alphanumérique , le pseudo (comme si mon prénom n'en était pas déjà un) , l'enregistrement par défaut avec gom-player , l'ouverture plein écran , sigles différents selon le mode de lecture , le mot buffering .Liste complète , je crois , c'est beaucoup pour moi , les autres arcanes pour suite ou maladie suivante . Ai omis mes acquis d'américain, hormis les jurons, my english became richer than my taylor .
Mais aussi crane dégarni : au propre , perte de cheveu , c'est dégueulasse pour ma sainteté; au figuré , vais désormais trop facilement sur google pour combler un trou de mémoire (effet secondaire de ma médication dit le spécialiste ) effet premier pour moi qui ai déjà si peu l'occasion de muscler le souvenir dans ce nouveau métier de prof de collège . Conséquence positive :dans mes contemplations canapé , n'est pas Thérèse d'Avila qui peut , je vois mes élèves tout aussi victimes que moi d'un système hypocritement laxiste ou élitiste selon focalisation . Dans le naufrage , cherche à sauver les plus fragilisés d'abord mais le capitaine doit avoir la santé . Je m'en veux de chaque jour manqué .
LE CRAN: vous etes accro , es claro , mais aussi à cran , affaiblissement physique , intellectuel , horaires dévastateurs ...et les Sopranos . Vous tricotez du New Jersey et fricotez avec la pègre toute la journée en attendant d'y retourner . Le téléphone vous dérange parce que vous etes totalement dérangés , vous mangez 4 fois après minuit parce que l'image démange , vous déménagez parce que vous ne managez plus rien . Du cran , vous n'en avez meme plus pour affronter le Monoprix , un choix de produit, c'est trop d'énergie et le rayon froid , c'est votre croix . Vous sombrez alors dans l'aboulie , oubli de la conquérante d'hier , elle a perdu la boule aujourd'hui .
La lanceuse de roulette réduite à l'état de boulette.
Péroraison : un blog à la Britney Spears , je m'étais juré de ne jamais m'exposer perso , vulgaire , but never say never ; en tous les cas , je promets "nevermore" . Intéret de Britney ? Vous pouvez commenter la télé , vos extases , l'ordi , vos ennuis ou vos euphories, l'ed nat et ses dérapages , la médecine , ses inégalités ou ses imperfections , la douleur physique ou morale ... le champ esr vaste et ouvert ; ne le laissez pas découvert .
samedi 23 avril 2011
Excusez-moi
Quand j'arrivai en terre audonienne (c'est-à-dire au collège de Saint Ouen) , un principal tout aussi exotique que la contrée me prodigua le conseil suivant : "Ne demandez jamais aux élèves de s'excuser ,ces adolescents ont leur fierté ". Perplexité : mes "pardon", "excusez-moi" multiples au quotidien menaceraient ma fierté ? N'y puise-t-on au contraire honneur et honneteté ? Mes tetes brunes , en 4 ans , ont acquiescé et l'ont tous intégré sans se désintégrer .Oublions les pédadingos !
Araxie et Tibère n'eurent pas la chance d'aller au collège . L'une portait un nom de fleuve . En son enfance , le ciel était noir sur l'Euphrate et rouge , l'onde de l'Arax ; l'autre, un prénom d'empereur , sa naissance ne lui légua qu' un royaume d'horreurs . Péprone la bien-nommée (en grec , "celle qui prévoit "," celle qui pressent "), arrivée à Sivas , refusa de marcher , au propre comme au figuré ; et avec d'un imam la bienveillante complicité et quelques pièces d'or ajoutées, la mère sauva sa portée .
Quelle fable suis-je entrain de vous conter? Aucune , puisque ce récit ne contient pas de morale . Il n'y en avait guère d'ailleurs , de morale, en ce début du 20 eme siècle , sur les terres sanglantes d'Asie Mineure . Un ambassadeur américain , des pasteurs suisses ou autrichiens , des missions allemandes la sauvèrent un peu , quand meme . C'est ainsi qu'Araxie apprit des comptines teutones , en l'état turc que l'Ataturk mettait en place.
D'un traité l'autre , de Sèvres à Lausanne , il réussit meme à convertir les défaites ottomanes en victoire . Plus d'Arménie indépendante . Malheur aux vainqueurs (les Arméniens s'étaient alliés aux Alliés ). Alliances proditoires , aliénation de soi assurée par un Occident si peu soucieux de ses chrétiens d'Orient .Je le lui mets sur la conscience mais ne lui demande aucune reconnaissance de "la grande catastrophe". Je n'aime d'ailleurs pas la formulation ambigue de la loi restée en suspens : "La France reconnait le génocide arménien..." Qu'elle aurait commis ? Formulation de félon ,frayeur d'offenser...Foin de cette loi dont je ne veux point et je ne me délecte pas à décompter les pays reconnaissant" le génocide des Ottomans" (expression aussi suspecte que celle que je viens de dénoncer) . On peut toujours jouer sur les mots mais pas sur les maux des autres .
Vous me direz que je reve d'une politique bonne alors que, seules, les bonnes politiques sont efficaces . C'est que je parle en termes d'éthique et pas de tactiques .
Que devinrent Araxie et Tibère ? Eux , gardèrent le moral, vinrent en France et se multiplièrent .Ils évoquèrent parfois leur passé , jamais dans la plainte et la lamentation mais en stupéfiants héros d'une épopée picaresque qui les dépassait . Après tout , ils leur avaient joué un bon tour à ces Turcs , ils étaient vivants et joyeux ; en tapant la belote , en buvant l'apéro , en savourant une clope , ponctuant leurs discours de dictons turcs (en la langue) ou d' anecdotes de Nasreti Hodja .
Et "le capital de la douleur" ? Arretez votre Char , ce n'était pas leur genre ! Sans doute enfoui , tapi en leurs ris nombreux . Sacrée sérotonine , résilience, dirait Boris Cyrulnik .
La haine , la rancoeur , parfois ...Mais plus souvent les souvenirs euphoriques du Bosphore , du pont de Galata , de leur Tokat natal . Des Hrant Dink avant l'heure (journaliste arménien assassiné à Istanbul parce que "sa" ville lui était vitale ). Son journal : "le sillon" formidable instrument de lutte contre l'infame négation , pour passer de la conciliation (un Arménien peut vivre libre à Istanbul) à la réconciliation (les Arméniens doivent avoir un droit de regard sur leurs églises et leurs écoles et le gouvernement turc , un peu d'égard pour ce qu'il devrait considérer comme son patrimoine national et non les traces dégueulasses d'un passé de kéfirs ).
Demain , dans nos joutes d'oeufs colorés , je penserai à vous Araxie et Tibère qui trichiez pour que les votres ne fussent point fracassés . Vous avez bien fait .
Mais en ce jour et presque tous les jours , je pense à tous nos disparus , et je voudrais que sans ruse et sans stratégie , dans un lendemain, sans procrastination , la Turquie nous dise :" Excusez-nous , pardon".
Araxie et Tibère n'eurent pas la chance d'aller au collège . L'une portait un nom de fleuve . En son enfance , le ciel était noir sur l'Euphrate et rouge , l'onde de l'Arax ; l'autre, un prénom d'empereur , sa naissance ne lui légua qu' un royaume d'horreurs . Péprone la bien-nommée (en grec , "celle qui prévoit "," celle qui pressent "), arrivée à Sivas , refusa de marcher , au propre comme au figuré ; et avec d'un imam la bienveillante complicité et quelques pièces d'or ajoutées, la mère sauva sa portée .
Quelle fable suis-je entrain de vous conter? Aucune , puisque ce récit ne contient pas de morale . Il n'y en avait guère d'ailleurs , de morale, en ce début du 20 eme siècle , sur les terres sanglantes d'Asie Mineure . Un ambassadeur américain , des pasteurs suisses ou autrichiens , des missions allemandes la sauvèrent un peu , quand meme . C'est ainsi qu'Araxie apprit des comptines teutones , en l'état turc que l'Ataturk mettait en place.
D'un traité l'autre , de Sèvres à Lausanne , il réussit meme à convertir les défaites ottomanes en victoire . Plus d'Arménie indépendante . Malheur aux vainqueurs (les Arméniens s'étaient alliés aux Alliés ). Alliances proditoires , aliénation de soi assurée par un Occident si peu soucieux de ses chrétiens d'Orient .Je le lui mets sur la conscience mais ne lui demande aucune reconnaissance de "la grande catastrophe". Je n'aime d'ailleurs pas la formulation ambigue de la loi restée en suspens : "La France reconnait le génocide arménien..." Qu'elle aurait commis ? Formulation de félon ,frayeur d'offenser...Foin de cette loi dont je ne veux point et je ne me délecte pas à décompter les pays reconnaissant" le génocide des Ottomans" (expression aussi suspecte que celle que je viens de dénoncer) . On peut toujours jouer sur les mots mais pas sur les maux des autres .
Vous me direz que je reve d'une politique bonne alors que, seules, les bonnes politiques sont efficaces . C'est que je parle en termes d'éthique et pas de tactiques .
Que devinrent Araxie et Tibère ? Eux , gardèrent le moral, vinrent en France et se multiplièrent .Ils évoquèrent parfois leur passé , jamais dans la plainte et la lamentation mais en stupéfiants héros d'une épopée picaresque qui les dépassait . Après tout , ils leur avaient joué un bon tour à ces Turcs , ils étaient vivants et joyeux ; en tapant la belote , en buvant l'apéro , en savourant une clope , ponctuant leurs discours de dictons turcs (en la langue) ou d' anecdotes de Nasreti Hodja .
Et "le capital de la douleur" ? Arretez votre Char , ce n'était pas leur genre ! Sans doute enfoui , tapi en leurs ris nombreux . Sacrée sérotonine , résilience, dirait Boris Cyrulnik .
La haine , la rancoeur , parfois ...Mais plus souvent les souvenirs euphoriques du Bosphore , du pont de Galata , de leur Tokat natal . Des Hrant Dink avant l'heure (journaliste arménien assassiné à Istanbul parce que "sa" ville lui était vitale ). Son journal : "le sillon" formidable instrument de lutte contre l'infame négation , pour passer de la conciliation (un Arménien peut vivre libre à Istanbul) à la réconciliation (les Arméniens doivent avoir un droit de regard sur leurs églises et leurs écoles et le gouvernement turc , un peu d'égard pour ce qu'il devrait considérer comme son patrimoine national et non les traces dégueulasses d'un passé de kéfirs ).
Demain , dans nos joutes d'oeufs colorés , je penserai à vous Araxie et Tibère qui trichiez pour que les votres ne fussent point fracassés . Vous avez bien fait .
Mais en ce jour et presque tous les jours , je pense à tous nos disparus , et je voudrais que sans ruse et sans stratégie , dans un lendemain, sans procrastination , la Turquie nous dise :" Excusez-nous , pardon".
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